samedi 28 février 2015

Je me suis faite quitter jeudi soir....

Jeudi, j'ai retrouvé ma "copine" à L. Je ne vis pas dans la même ville, mais il n'y a que 45 minutes de train qui nous séparent, ce n'est pas la mort. Je mets copine entre guillemets car nous n'étions pas officiellement un couple. Elle ne veut plus me voir, elle a ses doutes, ses peurs, ses angoisses, ses besoins, elle n'a pas guéri de plusieurs anciennes relations, relativement récentes (elles datent de 2014 pour la plupart) et elle m'a quittée la veille de l'anniversaire de la mort de l'homme de sa vie. Pas sûre qu'elle ait été en état de bien savoir ce qu'elle voulait, mais c'est ainsi. J'ai quand même passé la soirée de jeudi chez elle, car j'avais besoin d'une dernière soirée, juste elle et moi, et j'ai quand même passé la nuit chez elle (nous n'avons rien fait).

Hier, je lui ai écrit un mail, que je n'ai envoyé que ce matin, je voulais la laisser tranquille, à sa peine, à sa douleur et à ses souvenir de son copain décédé.

A l'heure qu'il est, j'ignore si elle m'a lu, mais je sais qu'elle ne m'a pas bloqué de Whatsapp ni de Facebook (bien que je l'ai enlevée de mes contacts, savoir ce qu'elle vit en ce moment étant trop douloureux pour moi pour encore quelques temps).

Voici ce que je lui ai écrit:


27.02.2015

 
Bonjour F.,

 

Ça va me manquer de ne plus le dire, j’aime bien ton prénom, et tu es la seule F. que je connaisse en fait.

Je voulais t’écrire, car ce matin, ce n’était pas forcément le meilleur des moments pour te parler face à face : la fatigue, les pleurs de la veille, la date.

Je voulais te remercier pour ces presque deux mois. J’ai eu beaucoup de plaisir à te connaître, et j’espère sincèrement que  nous pourrons être amies par la suite, car je te considérais comme telle avant que nous n’allions plus loin. Je sais faire la part des choses, et je sais couper complètement les sentiments que j’ai pu avoir pour quelqu’un. Je désire vraiment encore faire partie de ta vie, j’aimais nos échanges de mails, on pouvait parler de tout, et c’était super.

J’ai apprécié de vivre ces moments avec toi, les bons comme les mauvais. Comme tu m’as dit hier, on a tendance à oublier le positif et à ne pas en parler. Je sais que j’ai été exécrable cette semaine avec toi, et ma jalousie n’excuse pas du tout mon comportement. Je sais aussi que j’ai été trop présente, que je ne t’ai pas laissé ton espace et que je n’ai pas écouté tes besoins. Je t’ai étouffée, et je t’ai probablement fait peur en m’attachant à toi si rapidement. Je dois dire que je ne m’y attendais pas, j’ai oublié de me protéger et le résultat, c’est que tu es blessée et moi aussi. Je n’ai pas su voir que souvent, tu acceptais de me voir pour me faire plaisir, sans prendre en compte que ça ne te faisait pas forcément plaisir à toi, mais que tu ne voulais pas que je sois triste. Tu aurais dû t’écouter et me dire non, jamais je ne t’en aurais voulu que tu ne veuilles pas que je vienne, je ne suis pas ainsi tu sais (ou non, tu ne le sais pas). Je n’ai pas su trouver le juste milieu afin que tu ne te sentes ni étouffée ni oubliée. Et comme je te l’ai dit hier, j’avais l’intention de te demander de devenir ma copine, mais en établissant des « règles ». Je serais moins venue, si ce n’est de temps en temps le week-end, je t’aurais envoyé moins de messages, je t’aurais laissée travailler (bien qu’il ne me semble pas t’en avoir empêché lorsque j’étais là, mais je peux me tromper) et alors, on aurait été super contente de se voir après des jours de séparation et de silence. Je me rends compte aussi que tu as dépensé de l’énergie pour moi, même si  je ne te le demandais pas, lors de mes rares épisodes de phobie sociale. Peut-être que si tu avais su comment je fonctionne lors de ces moments-là, tu ne te serais pas inquiétée, tu n’aurais pas joué les psys (alors que je ne te l’avais pas demandé non plus), et il n’y aurait pas eu de problème, seulement, nous n’en avions jamais parlé auparavant. Et oui, il est vrai que je cherchais aussi de la tendresse vers toi, alors qu’au début, je m’étais dit que je n’allais pas le faire. Mes sentiments grandissants  n’ont pas aidé. Je me rends compte aussi que je demandais une explication sur tout, et que je voulais toujours être rassurée, je ne suis pas ainsi d’habitude, et  malgré que j’ai confiance en toi, je pense que c’est une conséquence du fait que nous n’avions pas un statut de couple. Une chose que tu ignores cependant, c’est à quel point notre relation m’a été bénéfique. D’être amoureuse de toi a fait disparaître en partie certaines de mes phobies : les transports publics et le fait de dormir ailleurs. Alors oui, la première nuit, j’ai été pire qu’un mec, et j’en suis tellement désolée, je n’aurais pas dû partir au milieu de la nuit et je m’en veux terriblement encore aujourd’hui. Mais toutes les autres fois, j’avais juste hâte de te retrouver, du coup, rien à faire des trains, rien à faire que je n’étais pas chez moi pour dormir. Je pouvais te voir, passer du temps avec toi, et c’est ce qui comptait. Et ça m’a aidé. Tu ne le sais pas, tu n’as rien fait pour, mais merci.

Je me rends compte aussi que j’ai manqué d’honnêteté avec toi, je ne t’ai pas dit tout de suite que je tombais amoureuse de toi, j’ai parlé à A. derrière ton dos, je n’en suis pas fière, et je ne peux malheureusement pas remonter le temps pour réparer cela.

Merci de t’être montrée à moi dans presque tous tes états, les gentils, doux, câlins parfois, comme les fois où tu as été chiante (tu dis méchante, mais moi, je ne t’ai jamais trouvée méchante), distante, malade.

De ne plus m’endormir avec toi dans mes bras, de ne plus me réveiller avec toi dans mes bras, ça va me manquer, je t’aime vraiment.  Et quand je dis ça, je le pense, et j’aime tout ce que tu m’as montré de ta personne. Une princesse humaine…

J’ai été un peu perdue par tes mots, tes comportements qui ne collaient pas toujours avec ces derniers, je me suis accrochée à de minces espoirs, et j’aurais mieux fait de vivre les choses au jour le jour, surtout que je commençais à te connaître et j’ai pu voir à quel point tu es perdue.  Tu m’as dit de très belles choses, notamment la dernière « […] c’est toi que je veux dans ma vie ». Je l’ai cru, je sais que c’était sincère quand tu l’as dit, seulement voilà, d’autres évènements  te sont revenus en mémoire, et mon comportement de cette semaine a achevé de me saboter. J’ai adoré tes fleurs, ça m’a énormément touchée mais je n’ai pas su te le montrer, ma jalousie gâchant tout. Elles sont toujours là, je les ai arrosées, et elles sont toujours belles. Pour la bouteille de vin, je vais la garder, peut-être qu’un jour, on pourra la boire ensemble, en mangeant des lasagnes maison.  Merci pour le pendentif, ça m’a tellement fait plaisir, j’en aurais pleuré, j’ai dû me retenir. Il restera à mon cou très longtemps.

Ne regrette pas d’avoir mis cette annonce, elle m’a permis de te rencontrer, et c’était une belle rencontre, tu resteras un beau souvenir pour moi, et j’espère sincèrement que malgré mes fautes, je serai aussi un bon souvenir pour toi. Et si un jour, dans quelques mois, tu te rends compte que je n’étais pas si horrible que ça, que j’en vaux peut-être la peine, n’hésite pas à revenir, je t’accueillerai les bras ouverts. Moi je pense que tu en vaux la peine, tu es une femme exceptionnelle, même si tu penses que je ne suis pas objective, pourtant, j’aimerais tellement que tu te vois de la façon dont je te vois, et je t’attendrais des mois, sans hésitation, même si il n’y a aucune certitude, même si tu me dis, dans six mois, un an, que tu ne veux pas plus que mon amitié, car tu as mon amitié, et ma loyauté, n’en doute pas. Si tu te rends compte que c’est  juste mon amitié que tu veux, ça me va aussi très bien, et s’il y a quoi que ce soit, positif, négatif, une image, un son, écris-moi, même si c’est dans quelques jours(en ayant un humour similaire au mien, je sais qu’il y aura plein de fois où je me dirai « dommage que F. ne voit/n’entende pas ça, ça la ferait rire, ça lui plairait). Tu seras bien reçue, toujours. Je n’ai aucune colère, aucune rancune. Je suis juste un peu triste, mais ça passera. J’espère vraiment, du fond du cœur, que tu arriveras à prendre ce temps pour toi, qu’il te sera bénéfique, qu’il en sortira quelque chose. Tu me dis qu’il me faut du temps loin de toi, non, je n’en ai pas besoin. C’est toi qui a besoin de temps loin de moi, moi je sais basculer du amantes à amies.

Tu vas me manquer, Kiwi, je t’aurais aimée avec tellement de passion, de respect, j’aurais fait en sorte que chaque jour, tu te rendes compte que tu es aimée, j’aurais pas décroché la lune, mais on aurait fait plein de petites choses qui auraient rendu tout ça géant, je t’aurais emmenée où tu veux, je t’aurais suivie où tu veux, je t’aurais encouragée dans tout ce que tu aurais entrepris, j’aurais été là si jamais tu tombais, je t’aurais défendue, tu aurais vu l’amour que je te porte à chaque vois que tu aurais regardé mes yeux,  je suis persuadée qu’on aurait fait un beau couple, avec ses hauts, ses bas, oui, mais on aurait été solide, on aurait pu construire quelque chose de beau, on aurait pu être heureuse à deux. Merci de m’avoir fait découvrir un peu de ton monde, je ne connaissais pas le théâtre, ni les matches d’impro et j’ai adoré. Si un jour, tu as envie que quelqu’un t’accompagne à un de ces matches, je viens plus que volontiers (et je rentrerai chez moi après, ne t’inquiète pas). Je te remercie de m’avoir présentée à tes amis, je te remercie d’avoir dit à d’autres que j’étais ta copine, j’aurais été très fière de l’être vraiment et j’aurais été encore plus fière de te présenter comme telle à mon entourage. Merci d’avoir été parfois jalouse, merci de ton affection, de ta tendresse, de ce regard que tu avais quand tu posais les yeux sur moi. Je regrette deux choses tout de même : nous n’avons pas assez fait l’amour (quelle idée nous avions de nous coucher à des 3 heures du matin aussi), et je regrette que nous ne l’ayons pas fait une dernière fois. Tant pis, c’est ainsi.

Fais des câlins à S. et V. de ma part, souvent, elles vont me manquer, dis-leur que je les aime, et que je ne les oublierai jamais, comme jamais je ne t’oublierai. Si un jour tu me reparles, envoie-moi de temps en temps des photos d’elles, ou des messages vocaux de S. qui ronronne.

 

Je t’embrasse, tendrement, je t’aime(l’amitié remplacera rapidement le sentiment amoureux, n’aie crainte), de tout mon cœur, et j’espère que ton cœur ne m’oubliera pas trop vite.

 

PS pourrais-je venir te voir jouer, en mai ? J’en ai vraiment envie. C’est loin tout ça, je le sais bien. Tu me le diras en temps voulu.

PS bis Si tu veux te rendre à la fête du 14 mars, avec moi ou pas, peu importe, vas-y, tu ne dois pas t’en empêcher par peur de me croiser. Nous sommes adultes, et nous ne sommes pas en guerre.

PS bis bis Je suis tellement désolée de m’être attachée si vite, de t’avoir fait peur, de t’avoir étouffée

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